"Les vieux démons "

La porte s'ouvre sur un terrier sans lampadaire
Une chambre froide… sans courant d'air
Un lit d'enfant où tombe un drap sur la détresse
Le soir, quand les démons réapparaissent

Elle prend la pose, se met en boule comme un cocon
Le souffle court des mandragores lui glace le front
La peur du noir, la peur de l'autre, la peur du sang
Elle voit le mal comme tous les soirs au même instant

Une enfant crie… Une enfant crie…
Je n'suis pas...
Je n'suis pas coupable...

Elle perd le fil, sans faire de vague, sans révérence
Sa tête est basse, son âme est sale… quelle importance
Elle sait que même si tout ce sait dans la famille
Personne ne croit les faux semblant d'une petite fille

Et tous les soirs au même instant les démons viennent
Ils prennent la forme du père aimant qui vous surprennent
Le père amour, le père bonheur qui dans sa chair
Se fait les dents sur une enfant à ventre ouvert

Une enfant crie… Une enfant crie…
Je n'suis pas...
Je n'suis pas coupable...

La porte s'ouvre, le démon sort tout essoufflé
La bête a peur, la bête a vu sa cruauté
Une enfant reste au pied su lit sans plus bouger
La peur au ventre l'a prise au piège sans riposter

Plus d'avenir, plus un sourire ne sort du cœur
La seule image du devenir…lui fait peur
Le mal est si près de sa bouche qu'elle se renferme
Qu'elle se renferme pour éviter
Pour éviter que les démons ne se déchaînent

Une enfant crie… Une enfant crie…
Non, non, non...
Je n'suis pas...
Je n'suis pas coupable...

Je n'suis pas coupable...



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